accueil
PENSEES 2003
  SOMMAIRE
-Introduction
1- Du retournement
2- De l'imitation
3- Des cercles
4- Du maître intérieur
5- Des projets
6- De la vraie nature
7- De la naïveté
8- Des agrégats
-bibliographie
 

-INTRODUCTION

Après avoir écrit et mis sur le papier une douzaine de pensées, je pensais n'avoir plus rien à dire et avoir fait le tour des principaux traits de ma vision du monde et des choses.

C'est un exercice que je conseille à tout le monde : la mise en forme permet de structurer ses idées, se relire facilite un regard critique et la confrontation avec d'autres personnes ayant d'autres points de vue permet de mieux se situer. Enfin l'exercice consistant à effectuer une synthèse de ses réflexions diverses permet de mettre à jour le " noyau " de ses interrogations.

C'est ainsi que je décidais fin 2002 de publier en l'état mes " Pensées Analogiques ".

Néanmoins, la pratique de l'écriture aidant et la réflexion étant une chose en continuelle progression, je me suis rendu compte que je pouvais coucher sur le papier de nouvelles pensées plus subtiles. L'essentiel ayant déjà été écrit, je pouvais en quelque sorte me libérer des précédentes réflexions pour explorer de nouvelles pistes.

Comme on le voit dans la bibliographie, mes principaux centres d'intérêts sont toujours la science, la philosophie, le bouddhisme et l'ésotérisme….

S'il n'est pas interdit d'évoluer et même peut être de revenir sur certaines idées, j'espère trouver avec cette nouvelle publication des personnes partageant mes différents points de vue.

Bonne lecture,

Jean-Marc VIALLET- 2003

 

-DU RETOURNEMENT

 

Dans la société, une fonction corrompue produit l'effet inverse de celui désiré.

On peut prendre l'exemple de l'éducation : dans les quartiers sensibles, la fonction éducative est supplantée par le gardiennage des enfants. Les professeurs passent alors la majorité de leur temps à maintenir l'ordre.

Le jeune se retrouve alors dans une prison et les contraintes sont répressives.

La corruption vient ici en partie du manque de moyens qu'il faudrait attribuer aux écoles des milieux défavorisés.

Pour la fonction policière le retournement existe également.

Si une mafia impose sa loi et devient plus forte que la police, c'est la loi du milieu qui l'emporte.

Les gens se tairont et éviteront de témoigner ou de porter plainte par crainte de représailles.

Il ne s'agit pas à mon avis ici uniquement d'un manque de moyens, mais bien d'un état d'esprit : on apprend dès le plus jeune age à l'école que c'est mal de " rapporter ", d'où une méfiance vis à vis de l'autorité.

Ce retournement est particulièrement frappant à l'heure actuelle en France dans les banlieues avec la défiance vis à vis des autorités.

La politique de la gauche a été de favoriser la prévention au détriment de la répression.

Le gouvernement actuel a pour volonté d'accentuer la répression et ignore le côté préventif.

Il faut sûrement des deux à la fois mais la véritable question est : d'où vient la corruption des valeurs ?

Toutes les fonctions sociales sont susceptibles d'être retournées :

-la défense qui crée une guerre.

-un pouvoir qui devient dictatorial.

-une médecine qui crée la maladie (infections dans les hôpitaux, opération ratée…).

-une œuvre sociale qui détourne les fonds attribués.

-….

Dans une société retournée, le hors la loi devient le juste : c'est ainsi que des prisonniers politiques peuvent retrouver leur heure de gloire lors d'une alternance (ce qui a été le cas des résistants de la 2eme guerre mondiale).

Enfin tout n'est pas blanc ou noir et le pire côtoie le meilleur : c'est ainsi qu'il y a des bons ou des mauvais dans tous les métiers : professeurs, médecins, dirigeants…

 

 

-DE L'IMITATION

 

La vraie originalité est rare et les gens fonctionnent beaucoup par imitation.

Par exemple les enfants ont souvent les mêmes opinions politiques que leurs parents. Même dans les conflits de générations c'est l'imitation qui l'emporte, les jeunes reproduisant les idées de leur tranche d'âge.

Tel passionné de lecture voudra à son tour écrire un livre pour reproduire ce qui l'entoure.

Tel adolescent passionné de musique créera un groupe et voudra à son tour enregistrer un disque ou faire un concert dans le même style que ce qu'il écoute.

La violence urbaine ne serait-elle qu'une reproduction de la violence dans les média, cinéma ou télévision ?

D'un autre côté, ce phénomène d'imitation peut avoir quelque chose de rassurant : en contrôlant le côté culturel, on peut avoir un résultat escompté. En matraquant des idées dans les média, on obtient un résultat certain : c'est le principe de la publicité.

La presse, bien que censée nous inviter à la réflexion, ne nous offre-t-elle pas plutôt une pensée prédigérée avec des arguments à régurgiter tels quels dans toute discussion ?

L'homme moyen serait donc un mouton par nature. Il est d'ailleurs dangereux pour lui de ne pas se plier aux idées ambiantes , que ce soit dans le monde du travail ou en société…

Tel fort caractère n'acceptera pas les us et coutumes de son entreprise et se verra licencié s'il ne rentre pas dans le " moule ". Tel scientifique sera rejeté au banc de sa communauté s'il cautionne des idées peu orthodoxes.

Dans le jeu amoureux il y a également des règles implicites à respecter sous peine de ne pas trouver de partenaire. Le principe maître de l'imitateur est de se comparer aux autres pour s'assurer qu'il ne s'en éloigne pas trop.

Un Galilée ou un Oscar Wilde ont fait les frais de leur non-conformisme aux idées de leur époque.

Il est très dur dans notre société de sortir du lot : il faut alors être très compétent et les embûches sont de taille.

Il est nettement plus confortable de se fondre dans la majorité du troupeau : l'homme intelligent l'aura compris.

 

 

-DES CERCLES

 

A l'image de Dante qui représentait l'univers comme une série de cercles concentriques allant de l'enfer au paradis, je pense que nous appartenons tous à un cercle bien déterminé, les différents cercles étant relativement hermétiques entre eux. Ne parle t'on pas dans le langage courant de " cercle familial " ou de " cercle d'amis " ?

Dans le bouddhisme, on parle de différentes catégories d'êtres : les esprits avides, les hommes et les dieux. Le maître Sogyal Rimpoché situe les dieux dans notre monde et donne pour exemple les " golden boys " faisant du surf et se faisant bronzer sur la côte californienne : ces gens ont tout ce qu'ils peuvent désirer grâce à l'argent et sont donc bien des dieux à leur façon…Les esprits avides seraient quant à eux les gens uniquement dominés par l'esprit de possession et éternellement insatisfaits, l'homme étant la voie la plus difficile de l'apprentissage et de recherche de la vérité.

Dans le milieu urbain, on se rend facilement compte de l'imbrication des différentes couches sociales dans la même population, cela allant des sdf, des éboueurs en allant jusqu'au gens riches qui consomment dans les endroits huppés.

Mais hormis la couche sociale ou cercles sociaux, je pense qu'il existe également des " cercles culturels " ou de centres d'intérêts. On remarque que même dans son propre milieu de travail, il y a des personnes avec qui le " courant " passe plus facilement, alors que certains sujets laissent les gens qui nous entourent indifférents.

Par rapport à la classification bouddhiste précédente je dirais qu'il y a des " cercles " d'évolution ou de niveau spirituel : ces cercles sont relativement hermétiques mais imbriqués dans toute la population.

Le mieux qui puisse nous arriver est de rencontrer ou trouver intuitivement des personnes de notre propre cercle et ainsi de se perfectionner mutuellement pour passer au cercle suivant.

Quel est le but ou cercle final ? me direz vous : rare sont les gens qui l'identifient, le connaître serait y être déjà arrivé, peut être ce que les bouddhistes appellent " éveil " sans trop savoir de quoi il s'agit.

Il est étonnant d'affirmer l'étanchéité des différents cercles alors que les différentes personnes se côtoient tous les jours.

En prenant le cas des couches sociales, il est évident que si l'on peut discuter ou donner une pièce à un sdf, on ne va pas pour autant abandonner travail et famille pour le suivre dans son errance- le sdf aura de sont côté les pires difficultés si jamais il veut sortir de son état : il est bel et bien bloqué dans un cercle que l'on peut sans nul doute qualifier " d'infernal ".

Les différentes couches sociales sont bien verrouillées : à titre d'exemple les correspondants étrangers de collégiens sont soigneusement choisis dans le même milieu social pour ne pas perturber les enfants. Les enfants de cadres supérieurs ont de meilleures chances pour entrer dans les grandes écoles…les exemples sont nombreux et sans être comme le sommet en la matière des castes indiennes, les couches sociales occidentales sont bien cloisonnées.

De même pour les cercles que j'ai qualifiés de " spirituels ", le cloisonnement est bel et bien réel : on a vite fait de rejeter une idée qui ne cadre pas avec notre propre vision des choses. Telle idée ou tel livre sera rapidement traitée de sectaire par des gens qui ne le sont peut-être pas moins.

Si rien n'est caché, des informations et différentes idées sont tout simplement accessibles aux personnes qui ont ouvert leurs barrières intellectuelles tout en gardant leur esprit critique.

Il faut effectivement du discernement pour faire par exemple la part des choses dans les rayons " spiritualité " des grandes librairies….

Enfin je pense que la synchronicité ( coïncidence significative) peut permettre aux personnes d'un même cercle de se retrouver.

 

 

 

-DU MAITRE INTERIEUR

 

Je pense que la plupart d'entre nous possède un sens inné de l'apprentissage, une sorte de guide intérieur. C'est peut être ce que certains bouddhistes appellent " l'auto Lama ".

Les autodidactes par exemple se forment et progressent par eux- même, sans l'aide d'un guide ou d'un professeur. Certains réussissent même des carrières étonnantes, mieux que des universitaires, ce qui semble indiquer la valeur de cette fonction innée.

Au lieu de se soumettre ou de se faire guider par un maître ou professeur qui a certes l'avantage de l'expérience, on peut aussi dans de nombreux domaines se fier à son intuition pour progresser.

J'ai connu quelqu'un qui avait la même vision des choses que Schopenhauer , il avait intuitivement les mêmes idées. Un collègue qui avait lu le philosophe en était très étonné : on peut donc puiser ses idées à la même source que les auteurs reconnus.

Ce même ami a développé une manière très personnelle pour arrêter de fumer, sans s'en remettre aux patch ou autres techniques extérieures.

J'ai moi-même en jouant du piano et en essayant de jouer à la manière Jazz retrouvé intuitivement la gamme Blues sans l'avoir jamais apprise, incluant même des notes de passage très " Jazzy ", ayant pour seul bagage une formation classique. Cela m'a permit d'aborder l'improvisation de manière très naturelle alors que cela demande un apprentissage assez ardu de façon académique.

De la même manière, je n'aurais jamais composé de musique si j'avais continué une formation scolaire : la composition s'apprend en tout dernier niveau dans les conservatoires et même si j'avais été jusque là, le genre abordé aurait été très intellectuel.

Je pense que la composition musicale pop est très révélatrice de cette sorte d'auto-apprentissage : Les meilleurs groupes sont souvent formés d'autodidactes complets.

Mais posséder une formation de départ permet de maîtriser au minimum une technique plus ou moins ardue suivant les instruments: un bon parcours est alors une première plongée dans la formation académique suivie d'une pratique intuitive.

Ce qui est vrai pour la musique peut être tout aussi valable dans de nombreux domaines…

Tout se passe comme si nous pouvions nous connecter et puiser aux sources d'un savoir universel par notre seule intuition.

Une raison qui me fait préférer ce jugement intérieur est la constatation du fait que dans les grand moments de la vie, pour les grandes décisions, nous sommes seuls face à nous même. Aucun maître ou autorité extérieure ne peux se substituer à nous pour une décision importante ou dans un moment important. On est seul part exemple au moment de la mort. Ce recours à la conscience personnelle sera facilité si nous avons appris à aiguiser notre intuition et notre capacité à évoluer par nous même.

 

 

DES PROJETS

J'ai remarqué que l'on fonctionnait beaucoup par projets : se donner un but à court, moyen ou long terme permet de structurer et de donner un sens à l'action.

L'homme est en effet fait pour l'action et même dans les philosophies du " non agir " comme le zen où l'on reste dans une posture sans rien faire, il y a toujours la pensée qui est une action intérieure. Le fait de toute façon de choisir ce type de pratique et de s'y astreindre est un projet en lui-même…

Si nous sommes bien obligés d'agir, ne serait-ce que pour trouver de la nourriture pour nous nourrir, des projets plus élaborés différencient l'homme de l'animal.

Ce n'est pas pour rien que l'on trouve en dernière année des écoles d'ingénieur des " projets de fin d'études " qui préparent et donnent un avant goût de l'activité future faite de projets plus conséquents et à plus long terme.

Si le principe même des stages est de s'immerger dans le monde de l'entreprise, le projet quant à lui permet de mettre en œuvre les différents moyens d'action dont on dispose pour atteindre un objectif précis. L'apprentissage du travail en équipe est dans ce cas souvent nécessaire pour coordonner les différentes compétences afin de réussir.

Mais si les projets font partie intégrante du monde du travail, ce n'est que le reflet de la nature même de l'homme qui fonctionne dans ce schéma.

Même les loisirs et toutes les activités extra- professionnelles fonctionnent suivant ce principe.

Dans l'ésotérisme on trouve par exemple le " grand œuvre " des alchimistes qui est un projet particulièrement abouti.

Si la créativité peut s'exprimer de différentes manières, c'est dans un projet de réalisation qu'elle est mise en valeur, comme un disque ou un concert, une pièce de théâtre, un tableau ou l'édition d'un livre. Le fait de se donner un but précis permet de surcroît de s'astreindre à une discipline qui n'est pas forcément une chose acquise.

Si des activités sont partagées par tout le monde, comme gérer ses affaires au quotidien, se loger, préparer ses vacances et ses loisirs ou à plus long terme élever ses enfants, d'autres personnes ont un grand dessein particulier comme par exemple l'engagement politique, dans des actions humanitaires ou encore faire carrière : cela donne un sens et l'ensemble des différents projets qui se succèdent. Ces desseins sont jugés plus ou moins nobles et par exemple le terme de carriériste est péjoratif…Mais sans vue d'ensemble ou grande lignes directrices, la vie ne serait qu'une succession de petits projets disparates sans cohésion d'ensemble.

 

 

-DE LA VRAIE NATURE

 

Je pense que les situations de crise ou de problèmes importants permettent de révéler le vrai visage des personnes concernées.

Dans le monde du travail par exemple, tel collègue ou supérieur peut très bien se montrer sympathique et avenant quand tout va bien mais faire les pires coups bas si l'entreprise va mal ou s'il s'agit de sauver son job… A l'inverse on peut très bien trouver une aide inattendue en cas de difficultés.

Ce phénomène se produit également dans la vie privée et nombre de personnes en difficulté soudaine perdent tout à coup leurs soit disant " amis ", alors que les personnes qui gagnent sont souvent très entourées.

Cette superficialité mondaine s'explique facilement car elle permet de ménager sa situation sociale et d'éviter les difficultés.

Pendant la seconde guerre mondiale, des " justes " ont sauvé des juifs en les cachant à l'occupant nazi au péril de leur vie : c'est la vraie nature révélée de ces héros du quotidien trop peu nombreux, la collaboration étant plutôt la règle générale. Sans l'horreur nazie, on n'aurait sûrement pas distingué ces personnes du reste de la population…

De la même façon, une crise personnelle peut faire ressortir chez celui qui la traverse des réactions plus profondes qu'en temps normal. Il est difficile de bien se connaître et de savoir comment on réagirait sans avoir déjà traversé ce genre d'épreuves. On peut dire que les épreuves sont le révélateur de notre vraie personnalité, et en même temps elles permettent de la forger et de la transformer.

Il paraît qu'au seuil de leur mort, des athées se convertissent soudain à la religion : c'est bien qu'ayant occulté de leur vivant des questions fondamentales, en l'occurrence l'après vie, et s'y trouvant enfin confrontés ils peuvent changer leur manière de voir les choses.

Enfin les personnes ayant vécu une NDE (expérience de mort imminente) reviennent d'après les témoignages transformés par ce qu'ils ont traversé, ils sont plus positifs. Peut être que le fait d'avoir entre- aperçu un ailleurs leur permet de mettre à jour les vraies valeurs.

Dans les sociétés tribales, des rites ou épreuves initiatiques marquent le passage de l'adolescence à l'age adulte, souvent avec un simulacre de mort : c'est bien pour mettre à jour et forger la personnalité dans une société très dure où la force de caractère est importante pour le futur adulte.

On peut d'ailleurs remarquer que ce genre d'épreuves initiatiques existe à sa manière dans notre société moderne avec le bizutage ou les difficiles examens de l'enseignement supérieur.

C'est en se référant à cette valeur de l'épreuve que certaines personnes pouvaient dire que celui qui n'a pas fait son service militaire n'est pas vraiment un homme : cette affirmation est d'ailleurs naïve et un peu réactionnaire car il existe une multitude d'autres épreuves dans la vie courante.

 

 

-DE LA NAÏVETE

Quelques remarques sur la naïveté :

On remarque que même des personnes d'un bon niveau culturel peuvent très bien avoir une approche " naïve " sur certains sujets :

-Dans les rapports avec les commerciaux : le but du commercial est de vendre sa marchandise, et non de bien conseiller sa clientèle…

-Dans les rapports avec une entreprise, que ce soit en tant que salarié ou en tant que client : le but premier d'une entreprise est de faire de l'argent et non pas de faire vivre des salariés ou de fournir un service utile. Les cadres dirigeants sont les premiers a se servir et il ne faut pas s'étonner de voir des scandales financiers avec truquage des comptes ou attributions de marchés truqués : la corruption est à mon avis indissociable du milieu des affaires.

-Dans les rapports sociaux : les relations sont souvent superficielles et gare aux crises qui révèlent alors la vraie nature des personnes.

-Dans les rapports avec le pouvoir en général, qu'il soit hiérarchique, politique, policier, de maître à élève… Le but d'un pouvoir quel qu'il soit est de renforcer son autorité et de rester en place, même au détriment de ce pourquoi il est conçu. Je suis sur que chacun trouvera des multitudes d'exemples, personnels ou non, pour cette affirmation.

Une approche volontairement naïve et superficielle de tous ces sujets, en fermant les yeux sur le côté négatif et en voulant croire à des rapports idylliques, permet de ménager sa position sociale et d'éviter les difficultés comme je l'ai déjà affirmé dans la pensée sur " de la vraie nature ". C'est à mon avis d'autant plus vrai quand la position sociale est élevée, l'argent facilite les rapports et permet de mettre de " l'huile " dans toutes les relations, tout en se donnant bonne conscience. Mais il ne faut pas se prendre au jeu et devenir dupe de soi-même. Le naïf, bien qu'il puisse l'être volontairement au départ, peut très bien le devenir réellement, tel le représentant de commerce qui finit par croire à son boniment.

Pour autant il ne faut pas voir le mal partout et tout n'est pas forcément négatif, il s'agit de distinguer le superficiel et le surfait des vraies motivations.

 

-DES AGREGATS

Dans le bouddhisme, il y a la notion de vacuité et de " non-soi " : la personnalité n'existerait pas en tant que telle mais ne serait qu'un " agrégat " de différentes composantes interdépendantes. Il n'y aurait pas de " soi " ultime et indépendant. A noter que pour rester compatible avec la notion de réincarnation, il faudrait un passage de certains agrégats d'une vie à l'autre…

J'avais un peu cette notion de non-soi avant de m'intéresser à la philosophie orientale. En effet on peut considérer que la mémoire, l'apprentissage, bref le vécu constituent la personnalité consciente. Or ce vécu évolue au fil du temps, dans le court terme et de manière plus flagrante dans le long terme. On peut donc dire que d'un instant à l'autre, d'un âge donné à un autre, je ne suis pas le même…

On peut donner des exemples de ces différentes personnalités au cours du temps :

- Pour un enfant ou même un adolescent, l'age adulte paraît si éloigné que cela ne le concerne pas : c'est comme si cela concernait une autre personne. Si on explique à un enfant que le fait de fumer, par exemple, peut entraîner des problèmes de santé à sa vieillesse, il y a de grandes chances qu'il ne se sente pas concerné. Le futur soi vieux est bel et bien considéré comme un autre.

- L'alcoolique qui fait un excès sait qu'il va être malade quelques heures plus tard. Mais il est prêt à sacrifier ce " soi " dans un futur proche à son ivresse actuelle. Tout se passe comme si son état futur n'était pas le même " soi " qu'à l'instant présent .Le lendemain son nouveau " soi " fera le serment de ne plus boire.

- Les serments amoureux non tenus mettent également en avant cette pluralité de la personnalité.

Enfin il est évident que pour un même enfant, suivant l'éducation et le vécu, la personnalité adulte peut varier du tout au tout. Je pense donc qu'on peut affirmer qu'il n'y a pas continuité de cette notion naïve du " soi ".

 
 

BIBLIOGRAPHIE

Voici une liste de livres lus récemment et que j'ai trouvés intéressants :

Titre/ Auteur/ Genre

La divine connexion/ Morse/ Esotérisme

L'univers dans une coquille de noix/ Hawking/ Physique

Le moine et le philosophe/ Ricard/ Bouddhisme

Plus de Platon, moins de Prozac/ Lou Marinoff/ Philosophie

Le new age/ Marhic - Besnier/ Historique

Nadja/ Breton/ Surréalisme

L'homme gratte ciel / De Coppens/ essai

Hyperion / Simmons / sf

Conversations avec Dieu / Walsch/ Esotérisme

Le principe de lucifer 2 / Bloom/ essai

Sri Aurobindo et Teilhard de Chardin / Mourgue/ psychologie

La source noire/ Eersel/ essai

La source blanche/ Eersel/ essai

Réapprivoiser la mort/ Eersel/ essai

Récits d'un voyageur de l'astral/ Daniel Meurois, Anne Givaudan/ ésotérisme

haut de page